La mort

La mort, tout le monde la redoute. Sombre inconnue... c'est quitter notre vie, seul, sans ceux que l'on aime, pr aller vers quelque chose, quelque part que nous ne connaissons pas... Les événements de notre vie se chargent de nous la rappeler sans cesse. La maladie, la mort des autres,... nous renvoient à chaque fois l'idée de la mort... nous renvoit à notre finitude...

"Ne sais-tu pas que la source de toutes les misères de l'homme, ce n'est pas la mort, mais la crainte de la mort ?"
[Epictète]


Dans notre société aujourd'hui, la mort est perçue comme quelque chose contre lequel il faut lutter coûte que coûte... Mourrir c'est un échec, un échec pour la science, pour la technique...

La mort est devenue taboue. Nous avons inventé une variété de moyens pour tenter d'éviter cette dure réalité:
- Nous ne mourrons plus de vieillesse, mais d'infarctus du myocarde, d'insuffisance rénale, de cancers, de pneumopathies...
- Nous ne mourrons plus chez soi, mais de plus en plus à l'hôpital...
- La mort nous l'éloignons. Jadis, les cimetières étaient au coeur des villages, aujourd'hui, plus ils ont loin, mieux c'est.
- Nous avons inventé des expressions pour éviter de prononcer le mot "mort" : nous ne disons plus "X est mort(e)" mais "X est parti(e)", "X nous a quitté"...

Nous avons tendance à faire comme si cette réalité n'existait pas ou ne nous concernait pas.

Il peut sembler totalement désespérant et absurde à celui qui refuse d'y faire face et de l'assumer complètement. Mais pour celui qui parvient à accepter vraiment cette réalité, c'est toute la valeur de la vie, du présent, des relations interpersonnelles et du développement personnel qui se trouve changée.

Nous oublions que la mort est quelque chose de naturel... aussi naturelle que la naissance. l'homme n'est pas immortel, il est tant d'en prendre conscience et d'arrêter de le nier. La mort attriste, le deuil est souffrance mais c'est un mal nécessaire. Elle est même parfois préférable plutôt que de supporter la souffrance...


«La mort, comme un terrier, comme une chambre aux rideaux fermés, comme la solitude, est à la fois horrible et tentante : on sent qu'on pourrait y être bien.»
[Amélie Nothomb]
La mort
# Posté le jeudi 27 novembre 2008 10:23

Les personnes âgées

La question du vieillissement de la population française et de son poids dans la société est de plus en plus récurrente.

On entend souvent la même question : "Que faire de nos aînés?"


Aujourd'hui les personnes âgées sont généralement perçues comme une charge, un problème, autant économique, politique, social... : problème du financement des retraites, des coûts des soins, souci de l'hébergement, de l'accompagnement.

De nombreux stéréotypes sont ancrés dans la tête des plus jeunes.

Par exemple, si je vous parle d'une personne handicapée, vous allez imaginer une personne adulte, dans un fauteuil roulant... mais personne (ou très peu) imagineront une personne âgée handicapée! Bizarrement, une personne handicapée, à partir de 60 ans, cesse d'être vue comme handicapée et prend le statut de personne âgée... pourtant rien à changer concrètement.


Quelle différence entre handicap et dépendance?


Par ailleurs, on imagine généralement les personnes âgées comme dépendants, qui n'ont plus "toute leur tête"... Pourtant, ce qu'on a tendance à oublier, c'est que la plupart des personnes âgées resteront autonomes et lucides jusqu'au dernier moment de leur vie. L'apparition de la dépendance, quand elle survient, se fait à un âge de plus en plus tardif. Après 60 ans, l'espérance de vie reste encore d'une bonne vingtaine d'année !!! Il leur reste de nombreuses choses à vivre, ils ont encore des projets... et il faut respecter cela. Et si une personne âgée tombe malade, il convient de lui fournir les meilleurs soins et de l'accompagner, comme on le ferait pour un jeune de 20 ans.

La vieillesse est une étape de l'existence pendant laquelle chacun doit pouvoir poursuivre son épanouissement. Même dépendantes, les personnes âgées doivent continuer à exercer leurs droits, leurs devoirs et leur liberté de citoyens. Il reste des êtres humains à part entière, et leur dignité est un droit absolu. Elles doivent aussi garder leur place dans la société, au contact des autres générations dans le respect de leurs différences.

Et quand il n'est plus possible pour la personne âgée de rester chez elle pour des questions de sécurité, ou parce que les pathologies dont elles sont atteintes sont trop lourdes pour les familles, que faire ?
Les structures d'hébergement sont pleines, hors de prix !!! L'accès à ces établissement amènent à une discrimination sociale.

Pourtant, quand un homme a un cancer, un infarctus, un AVC, qu'il a besoin de soins spécifiques... on l'accueille à l'hôpital, lui offre des soins... pourquoi tant de difficulté d'hospitaliser des personnes âgées qui en ont besoin?



Il est tant que chacun admette que les personnes âgées, dépendantes ou non, ont le droit au respect absolu de leurs libertés d'adulte et de leur dignité d'être humain
Les personnes âgées
# Posté le vendredi 07 novembre 2008 18:47

Le paradoxe du comédien

Ce paradoxe tient au contraste existant entre
--> l'expression évidente du corps (mimiques, gestes, attitudes exprimant les émotions violentes, amour, haine, joie, désespoir,...)
-->et l'absence d'émotions ressentie de la part de l'acteur.

Celui-ci joue sans éprouver : il rit sans être gai, pleure sans être triste...
Il se sert de son corps comme d'un instrument. Un bon acteur est donc celui qui est capable d'exprimer des émotions qu'il ne ressent pas.

Il est par conséquent dans la position d'un calculateur ou encore dans celle d'un manipulateur, la marionette en l'occurence étant le corps lui-même.

Ce paradoxe met en évidence l'écart qui peut exister entre le corps et le psychisme.

Il sert d'agument aux adversaires de la théorie physiologique des émotions, qui voient dans celles-ci des impressions ressenties à partir des expressions objectives du corps.

Ainsi, selon ce paradoxe, je n'aurais pas peur parce que je fuis ou que je me protège, mais je fuirais parce que j'ai peur...

[Paradoxe de Diderot]
Le paradoxe du comédien
# Posté le dimanche 26 octobre 2008 06:18

A LA SUEUR DE TON FRONT, TU GAGNERAS TON PAIN...

Le travail peut s'opposer au repos : le repos c'est ce qui suit le travail. Le repos à un sens réparateur, le travail est ainsi perçu comme usant. Le travail s'oppose également aux jeux : le temps de travail est une éducation à l'effort et le jeu c'est le repos. Un enfant préféreras toujours jouer plutôt que travailler... et tout le monde est toujours plus ou moins tenter de se reposer, de ne rien faire, plutôt que de travailler. Certes, de ce point de vue, le travail est contraignant.


[Mais le travail n'est-il qu'une contrainte ?]


Selon Marx, le travail est le processus par lequel l'Homme, en même temps qu'il agit sur la nature extérieure et la modifie, modifie sa propre nature et développe les facultés qui y sommeillent. L'Homme qui travaille exerce ses facultés et développe son sens des responsabilités.

Le travail appartient exclusivement à l'Homme. Le travail humain se distingue de l'activité animale par :
-le travail humain est intellectuellement conçu et médité. Il peut concevoir idéalement avant de réaliser l'objet. Donc le produit du travail est l'extériorisation d'une idée, manifestation de l'esprit.
-la médiation de la conscience caractérise le travail humain et l'oppose à la spontanéité des activités instinctives

Ainsi le produit du travail appartient au travailleur (c'est son travail, le dépôt de ses facultés). En son sens originel, le travail n'est pas une malédiction, mais fait partie de la nature de l'Homme. Le travail est une activité consciente, intelligente et libératrice.
La nature humaine se réalise. Il extériorise son individualité mais aussi son essence sociale.



« Le travail, c'est la santé... Mais à quoi sert alors la médecine du travail ? »
[Pierre Dac]


Dans la société d'aujourd'hui, il y a bien peu de gens pour qui le travail soit un facteur d'épanouissement. Le travail se trouve le plus souvent ramené à la nécessité d'une occupation pour gagner sa vie. Pendant que les uns sont au chômage, un grand nombre, parmi les autres, s'ennuient. Car on s'ennuie beaucoup dans notre société de production / consommation.
Cet ennui, pour une grande part, vient du peu de satisfaction qu'apporte le travail; et découle du gaspillage de toute cette créativité humaine.

L'apparition du monde des marchandises, de la propriété privée et du salariat, ouvre l'ère du travail aliéné
.


« Une conséquence immédiate du fait que l'homme est rendu étranger au produit de son travail : l'homme est rendu étranger à l'homme. »
[Karl Marx]


L'aliénation est la situation de dépendance du travailleur qui n'a à vendre que sa force de travail, comme une marchandise quelconque. Il est dépossédé de sa spécificité humaine :
--> le prolétaire ne conçoit pas lui-même ce qu'il fait et ne le conçoit pas dans sa totalité. C'est un travail contraint (exigé par l'extérieur) où il ne met pas en exercice ses facultés intellectuelles. Il mortifie son corps et ruine son esprit. Il reste aliéné même pendant son temps de repos.
--> le travail du prolétariat n'a plus sa fin dans la production mais dans le salaire. Il ne travaille que pour survivre.
--> L'ouvrier n'est plus qu'un moyen pour produire et ce qu'il produit n'est pas son bien. Tout est entre les mains du propriétaire.



« Le domaine de la liberté commence là où s'arrête le travail déterminé par la nécessité. »
[Karl Marx]



Autrefois, le travailleur éprouvait le sentiment d'être utile; il était aussi responsable de son œuvre - il fabriquait souvent lui-même ses outils.
Mais aujourd'hui, le travailleur a le sentiment d'être une pièce interchangeable d'une vaste machine. Le modèle du travail à la chaîne, du reste, s'est même imposé en dehors de l'usine : dans les grandes entreprises bureaucratiques, par exemple, qui finissent par être elles-mêmes de vastes machines où l'être humain devient de plus en plus un rouage interchangeable.


Une société nouvelle devra ramener la satisfaction dans le travail.
A LA SUEUR DE TON FRONT, TU GAGNERAS TON PAIN…
# Posté le dimanche 19 octobre 2008 05:56

La vie est un petit fleuve tumultueux...

"Au bout de la marelle,
On sait pas ce qu'on verra
Elle nous paraît si belle, d'en bas
A cloche-pied vers le ciel
A pieds joints, toi et moi
On tombe ou on avance d'un pas
On y va..."

[Patrick Bruel]



Tout le monde a déjà «répété» devant sa glace un discours ou une nouvelle qu'il devait annoncer à ses parents, ses ami(e)s, son(sa) copain(-ine).
Tous les enfants imaginent leur vie future et la planifient (je ferai telles études, à tel âge je me marierai, j'habiterai dans cette ville, j'aurai tant d'enfants...).


Et puis le temps passe, nous avançons dans la vie et nous réalisons que finalement rien n'arrive comme nous nous y attendions : nous n'aurons pas dit les choses de la même façon que nous avions prévu de dire, des imprévus bouleversent nos plans, les situations s'avèrent différentes de ce à quoi nous imaginions...
Qui aurait pu prévoir la panne d'essence qui nous a mis en retard à notre RDV à la banque ?
Qui aurait prévu dans son budget que le frigo tomberait en panne ?
Et comme nous nous n'y attendons pas, nous pensons tous que ça tombe toujours mal.



« La seule chose dont on soit sûr, en ce qui concerne l'avenir, c'est qu'il n'est jamais conforme à nos prévisions. »
[Jean Dutourd]


[Pourquoi l'Homme ne pourra jamais prévoir l'avenir ?]


--> Parce que, comme le disait Epictète, il y a des choses qui dépendent de nous et d'autres qui ne dépendent pas de nous. Ce qui "dépend de nous", ce sont nos pensées, nos jugements, nos désirs et, surtout, notre volonté. Mais il y a certains événements - la maladie, le deuil, la trahison d'un autre, le licenciement... ou une bonne nouvelle inespérée, le mariage, les rencontres... (les imprévus ne sont pas nécessairement mauvais) - qui ne dépendent pas de nous et que nous ne pouvons pas contrôler. C'est la vie qui décide, et on perd son temps en cherchant à se battre contre ça...

A nous de savoir l'accepter...


"Le futur, pour les hommes et autres organismes vivants, est totalement imprévisible ; nous créons notre propre histoire, bien que dans des circonstances que nous n'avons pas choisies."
[Steven Rose]


--> Parce que la vie nous change. Les expériences que nous faisons ont un impact sur nous et nous rendent plus matures, endurcis, plus sensibles, plus solitaires... Ainsi, on ne peut pas savoir ce que la vie aura fait de nous, ni comment nous réagirons face à un événement dans une semaine, un mois, un an, 10 ans... N'êtes vous ne pas différents de ce que vous étiez enfants ?


"L'homme n'est pas le maître de son destin et ne le sera jamais ; sa raison même progresse toujours en le poussant vers l'inconnu et l'imprévisible, et c'est là qu'il apprend de nouvelles choses."
[Friedrich August von Hayek]


[Mais si nous y réfléchissons bien, l'imprévisible n'est-il pas ce qui pimente la vie ?
N'est-il pas source de découvertes ?]


Certes, les imprévus font peur, parce que les imprévus c'est l'inconnu. Mais ils n'en restent pas moins nécessaires. Par exemple, la recherche scientifique en a besoin. Si tout était prévu, il n'y aurait plus rien à découvrir.


"L'imprévisible est dans la nature même de l'entreprise scientifique. Si ce qu'on va trouver est vraiment nouveau, alors c'est par définition quelque chose d'inconnu à l'avance."
[François Jacob]


Et si la vie n'était pas faites de petits aleas, de surprises..., elle serait bien ennuyeuse. A quoi bon se lever chaque matin, si on sait à l'avance tout ce qui va se passer ? Alors, stop les « à telle heure, je fais ci, à telle heure je fais ça, de telle heure à telle heure, je ferai ci »... Arrêtons de vouloir tout contrôler. Oublions autant que possible l'heure et laissons nous vivre. Acceptons de faire entrer dans nos vies un peu d'imprévus, qu'ils soient bons ou mauvais.


"Personne ne peut dire de quoi l'avenir sera fait, ce que l'homme sera capable de réaliser. Et c'est bien cette inconnue, ce côté imprévisible de l'homme qui rend la vie si intéressante !"
[Anthony Burgess]
La vie est un petit fleuve tumultueux...
# Posté le vendredi 26 septembre 2008 16:36