FUIR

« Il paraît qu'il est peu glorieux de fuir. Dommage, c'est tellement agréable. La fuite donne la plus formidable sensation de liberté qui se puisse éprouver. On se sent plus libre en fuyant que si l'on a rien à fuir. Le fuyard a les muscles des jambes en transe, la peau frémissante, les narines palpitantes, les yeux agrandis.

Le concept de liberté est un sujet rebattu dont les premiers mots font bailler. L'expérience physique de la liberté, c'est autre chose. On devrait toujours avoir quelque chose à fuir, pour cultiver en soi cette possibilité merveilleuse. D'ailleurs, on a toujours quelque chose à fuir. Ne serait-ce que soi-même.

La bonne nouvelle, c'est que l'on peut échapper à soi-même. Ce que l'on fuit de soi, c'est la petite prison que la sédentarité installe n'importe où. On prend ses cliques et ses claques et on s'en va : le moi est tellement étonné qu'il oublie de jouer les geôliers. On peut se semer comme on sèmerait des poursuivants. »



[Amélie Nothomb]
FUIR

# Posté le mardi 16 septembre 2008 17:54

Le paradoxe de la loterie

Le paradoxe tient dans le contraste existant entre :
--> la probabilité presque nulle qu'a chaque ticket (sur un grand nombre) de gagner
--> de la certitude que l'un de ces tickets sera gagnant.


Il est d'ailleurs à noter que les joueurs de jeux de hasard (qui ne croient pratiquement jamais au hasard) exagèrent considérablement leurs chances de gain et donc annulent implicitement ce paradoxe. C'est sur cette illusion que la publicité joue pour attirer les alouettes dans son miroir (100% des gagnants ont joué !!!).



Qui parmi les joueurs de loto, sait qu'il a beaucoup plus de risque de mourir écrasé par une voiture que de chances de gagner le gros lot (une chance sur 15 millions environ) ?


L'ignorance des probabilités dans le grand public est liée à son refus de considérer le hasard comme un fait objectif. En fait, les gens ne croient pas au hasard et c'est pourquoi ils ne jouent pratiquement jamais au hasard aux jeux de hasard.


Qui, parmi eux, aurait le culot de cocher les 6 premières cases (1,2,3,4,5,6) sur une grille de loto ?


Cette combinaison a pourtant rigoureusement autant de chances de sortir que n'importe quelle autre !


La superstition est une réaction magique face aux risques et au hasard.
Le paradoxe de la loterie

# Posté le vendredi 05 septembre 2008 17:35

D'où vient le mal ?

"Sur les hauteurs de Tskhinvali, "capitale" de l'Ossétie du Sud, la base du bataillon des forces russes de "maintien de la paix" n'est plus que ruine. Les bâtiments où logeaient les soldats, l'unité médicale et les bureaux ont été les premières cibles de l'armée géorgienne lors de son offensive contre la province rebelle, dans la nuit du 7 au 8 août."

"Gustav, ouragan de catégorie 4, menace Cuba avant d'entrer dans le Golfe du Mexique"

"Pakistan: 22 combattants islamistes tués dans une frappe aérienne"

"A Nice, un homme accusé de pédophilie frappé par des parents"

"Plus de 400 pompiers de l'Aude et des départements voisins ont dû lutter plus de 24 heures pour commencer à maîtriser vendredi soir le plus gros feu de l'été qui a ravagé au total près de 900 hectares de végétation dans une zone isolée des Corbières, entre Narbonne et Carcassonne."

"Une reporter violée dans les bois abritant les migrants de Calais"

"Nancy-Le Havre : des supporters blessés "

"9 morts dans les violences en Algérie"

"La Grande-Bretagne fait face aux pires conditions économiques depuis 60 ans"

"Contaminations à la salmonellose au Québec après la listériose au Canada"



La mal est partout autour de nous :

Haine
Cruauté
Violence
Trahison
Infamie
Oppression
Tyrannie
Mensonge
Désastre
Pauvreté
Misère
Famines
Crises...


Qui ne s'est jamais dit « si Dieu existait, il n'y aurait pas autant d'horreur dans ce monde ? »


[Dieu est-il responsable du mal ?]


De quatre choses l'une :
--> ou bien Dieu ne peut empêcher le mal qu'il ne veut pas à auquel cas, il n'est plus tout-puissant
--> ou bien Dieu ne veut pas empêcher le mal à auquel cas il n'est pas suprêmement bon
--> ou bien il ne veut ni ne peut empêcher le mal, et alors il n'est ni tout-puissant, ni suprêmement bon
--> ou bien il veut et il peut empêcher le mal, mais alors d'où vient le mal ?



[Et si le mal était nécessaire pour l'équilibre du monde ?]
D'où vient le mal ?

# Posté le samedi 30 août 2008 16:09

Nouveau blog

Depuis quelques temps, je me suis mise à la photographie...

Peu à peu, ça a pris de plus en plus de place dans ma vie...

C'est ainsi qu'un nouveau blog est né : mon blog photo

Venez vite, il n'attend que vos visites

C'est
ICI


sur


(Ouverture le 31 août2008)

# Posté le samedi 30 août 2008 15:55

Modifié le samedi 30 août 2008 16:12

Le Da-sein

Heidegger s'est également interroger sur la question de l'être, comme beaucoup de philosophes avant lui. Mais son originalité tient en ce que la réponse l'intéresse moins que la question : selon lui, le fait même de s'interroger sur l'être fait partie de l'être. Car l'être ne se réduit pas à ce qui est, à ce qui existe, à un corps réel et sensible : cela c'est l' « étant ». L'être n'est pas d'avantage une essence, une chose purement intelligible.
L'être désigne le fondement de l'existence humaine, la manière propre à un homme d'être un homme (et seul l'homme s'interroge sur le fait d'être un homme). Il convient donc alors de s'intéresser à l'être en tant qu'être.



«L'homme est le berger de l'être»
[Heidegger]


L'homme est le seul à s'interroger sur l'être, le seul étant capable de le faire, le seul capable de s'arracher au monde réel et sensible pour penser ce qui n'existe pas. Cette faculté, Heidegger l'appelle le Dasein (littéralement « être là », « être au monde »). Le Dasein est « ce au sein de quoi l'homme déploie tout son être », le seul moyen d'accéder à la compréhension de l'être, il permet à l'homme de s'interroger et de comprendre l'être. Et il s'interroge forcément sur sa propre existence.


[Que signifie pour l'homme, être là (da-sein) ?]


--> Etre là, c'est être engagé dans un là, dans un ensemble de possibilités, et d'abord, être « jeté » au monde : ainsi la naissance comme fait et le pouvoir mourir appartiennent à la condition du Dasein humain.

--> Dire cela, c'est déjà indiquer que le Dasein n'est pas positionné dans le monde à la manière d'un objet. Il ne se limite pas à la présence de l'Homme dans l'espace. On occupe jamais une position de façon neutre, mais nous sommes toujours affectés d'une certaine manière par la position dans laquelle nous sommes. Nous pouvons être triste, heureux, en colère... mais nous n'appréhendons jamais les choses sur le mode de la neutralité objective.
Le rapport au monde n'est pas d'abord objectif, non plus spontané. Il y a comme une précompréhension du monde : il nous touche d'abord de façon affective, avant d'être ensuite approprié, extériorisé et qu'il devienne objet d'étude et de connaissance. Les émotions, les sentiments viennent spontanément avant que vienne la réflexion et que l'on fasse appel à la raison. Et la façon dont on est affecté par une situation, c'est d'abord comprendre la situation et lui donner un sens.


--> Etre là, c'est moins occuper une place dans l'espace, qu'une position temporelle. La vie de l'Homme est inscrite dans la temporalité. C'est notre propre histoire, notre propre chemin qui fait que l'on est arrivé là, et ce dont vers quoi on tend. Notre position par rapport au monde est gonflée par la passé et tendue vers l'avenir. Et le passé et le futur de chacun est unique.


Le Dasein, en tant qu'être qui est constitué par sa temporalité, éclaire et interprète le sens de l'être dans le temps. Ainsi, ce n'est pas un « je » qui a un corps mais un « je » qui est un corps. Le corps de l'Homme n'est jamais neutre, ne peut être assimilé à un objet ou comme un ensemble d'organes juxtaposés dans l'espace. Le corps est unique, singulier, inscrit dans une dimension spatio-temporelle.
Le Da-sein

# Posté le samedi 23 août 2008 17:49

Modifié le vendredi 29 août 2008 16:13