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A LA SUEUR DE TON FRONT, TU GAGNERAS TON PAIN...

Le travail peut s'opposer au repos : le repos c'est ce qui suit le travail. Le repos à un sens réparateur, le travail est ainsi perçu comme usant. Le travail s'oppose également aux jeux : le temps de travail est une éducation à l'effort et le jeu c'est le repos. Un enfant préféreras toujours jouer plutôt que travailler... et tout le monde est toujours plus ou moins tenter de se reposer, de ne rien faire, plutôt que de travailler. Certes, de ce point de vue, le travail est contraignant.


[Mais le travail n'est-il qu'une contrainte ?]


Selon Marx, le travail est le processus par lequel l'Homme, en même temps qu'il agit sur la nature extérieure et la modifie, modifie sa propre nature et développe les facultés qui y sommeillent. L'Homme qui travaille exerce ses facultés et développe son sens des responsabilités.

Le travail appartient exclusivement à l'Homme. Le travail humain se distingue de l'activité animale par :
-le travail humain est intellectuellement conçu et médité. Il peut concevoir idéalement avant de réaliser l'objet. Donc le produit du travail est l'extériorisation d'une idée, manifestation de l'esprit.
-la médiation de la conscience caractérise le travail humain et l'oppose à la spontanéité des activités instinctives

Ainsi le produit du travail appartient au travailleur (c'est son travail, le dépôt de ses facultés). En son sens originel, le travail n'est pas une malédiction, mais fait partie de la nature de l'Homme. Le travail est une activité consciente, intelligente et libératrice.
La nature humaine se réalise. Il extériorise son individualité mais aussi son essence sociale.



« Le travail, c'est la santé... Mais à quoi sert alors la médecine du travail ? »
[Pierre Dac]


Dans la société d'aujourd'hui, il y a bien peu de gens pour qui le travail soit un facteur d'épanouissement. Le travail se trouve le plus souvent ramené à la nécessité d'une occupation pour gagner sa vie. Pendant que les uns sont au chômage, un grand nombre, parmi les autres, s'ennuient. Car on s'ennuie beaucoup dans notre société de production / consommation.
Cet ennui, pour une grande part, vient du peu de satisfaction qu'apporte le travail; et découle du gaspillage de toute cette créativité humaine.

L'apparition du monde des marchandises, de la propriété privée et du salariat, ouvre l'ère du travail aliéné
.


« Une conséquence immédiate du fait que l'homme est rendu étranger au produit de son travail : l'homme est rendu étranger à l'homme. »
[Karl Marx]


L'aliénation est la situation de dépendance du travailleur qui n'a à vendre que sa force de travail, comme une marchandise quelconque. Il est dépossédé de sa spécificité humaine :
--> le prolétaire ne conçoit pas lui-même ce qu'il fait et ne le conçoit pas dans sa totalité. C'est un travail contraint (exigé par l'extérieur) où il ne met pas en exercice ses facultés intellectuelles. Il mortifie son corps et ruine son esprit. Il reste aliéné même pendant son temps de repos.
--> le travail du prolétariat n'a plus sa fin dans la production mais dans le salaire. Il ne travaille que pour survivre.
--> L'ouvrier n'est plus qu'un moyen pour produire et ce qu'il produit n'est pas son bien. Tout est entre les mains du propriétaire.



« Le domaine de la liberté commence là où s'arrête le travail déterminé par la nécessité. »
[Karl Marx]



Autrefois, le travailleur éprouvait le sentiment d'être utile; il était aussi responsable de son œuvre - il fabriquait souvent lui-même ses outils.
Mais aujourd'hui, le travailleur a le sentiment d'être une pièce interchangeable d'une vaste machine. Le modèle du travail à la chaîne, du reste, s'est même imposé en dehors de l'usine : dans les grandes entreprises bureaucratiques, par exemple, qui finissent par être elles-mêmes de vastes machines où l'être humain devient de plus en plus un rouage interchangeable.


Une société nouvelle devra ramener la satisfaction dans le travail.
A LA SUEUR DE TON FRONT, TU GAGNERAS TON PAIN…

# Posté le dimanche 19 octobre 2008 05:56

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